Guillaume LISSY

Claix - Seyssins - Seyssinet-Pariset - Fontaine

Pics de pollution: santé publique et liberté de circulation

Vous avez présenté au nom des trois groupes de gauche du conseil Départemental un amendement lié au protocole d’accord sur les pics de pollution. Pouvez vous nous en dire plus sur ce protocole ?

Qu’on le veuille ou non, la loi impose la circulation alternée dans toutes les agglomérations de France lors des pics de pollutions les plus graves. Plutôt que de subir cette mesure qui laisse automatiquement au  garage la moitié des véhicules selon leur plaque d’immatriculation, l’Etat, la Métropole, le pays Voironnais et le Grésivaudan ont présenté un protocole d’accord.

Celui-ci permet de restreindre, dans l’agglomération Grenobloise, la circulation des véhicules les plus polluants en cas de dégradation durable de la qualité de l’air et propose une réduction tarifaire pour les transports en commun. Il nous semblait important que le Département, ses lignes TransIsère et leurs usagers soient concernés par ces mesures. 

Vous avez donc demandé la participation du département à cette démarche?

Face à cet enjeu de santé publique, tous les isérois doivent être incités, lors de ces épisodes dangereux, à se déplacer autrement et bénéficier des mêmes avantages tarifaires...

Ainsi, en cas de pollution sévère (ce qui arrive en moyenne 5 jours par an), une gratuité progressive sera instaurée sur les réseaux TAG, Voironnais et Gresivaudan mais pas sur le réseau TransIsère qui restera lui à plein tarif…

Nous avons proposé de mobiliser des crédits pour assurer à tous cette tarification incitative et une offre de service adaptée. Cela a été rejeté. C’est vraiment dommage et particulièrement pour tous ceux qui, en milieu rural notamment, ne pourront pas utiliser leur véhicule trop polluant et devront prendre des bus à plein tarifs, s’ils y trouvent de la place… 

Jean-Pierre BARBIER, Vincent CHRIQUI ou Julien POLAT notamment ont attaqué « une vision dogmatique et punitive » de l’écologie.

Là encore, je regrette cette vision, pour le coup, très politicienne… Les collectivités qui ont adopté ce plan sont de différentes sensibilités. De droite comme de gauche. Notre amendement ne se voulait pas polémique. Il avait vocation à rassembler tout le monde sur un sujet sur lequel les français attendent que les politiques s’entendent. Les effets de la pollution sont catastrophiques : maladies cardio-respiratoires, cancer du poumon, c’est en France 42 000 décès prématurés qui sont dus à ce phénomène. Nous ne pouvons pas rester les bras croisés sans rien faire et attendre que cela passe. Le protocole n’est pas parfait et va pénaliser, c’est vrai, une partie de la population quelques jours par an mais face à cet enjeu de santé publique l’inaction serait, je crois, criminelle.

Deux élus de la majorité se sont courageusement abstenus. Nous savons que, comme eux, certains élus de droite partagent notre analyse. Pas ceux du Département apparemment qui, par dogmatisme, ont rejeté cette main tendue. Visiblement les climato-sceptiques des primaires de la droite ont fait des émules dans les rangs isérois.  

 

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