Guillaume LISSY

Claix - Seyssins - Seyssinet-Pariset - Fontaine

Lyon-Turin, pour contribuer au débat.

140 kilomètres de lignes nouvelles, dont 86km enterrés, 59 ouvrages d'art, 15 ans de chantier pour un coût estimé par la Cour des comptes entre 30 et 40 milliards d'euros... Les chiffres qui entourent la liaison Lyon-Turin donnent le tournis 

 

Brocardé par certains comme un projet pharaonique, à faible utilité, placée par d'autres comme un outil du développement économique de notre Région et comme une réponse à l'engorgement de nos vallées par les camions, le projet ne peut pas laisser indifférent.

C'est bien parce que ces enjeux sont majeurs que les discussions et débats actuels sur les futures liaisons ferroviaires fret et passagers sont légitimes et qu’il faut accepter de mener le débat avant de le conclure... 

 

"Comme tous ceux qui ont étudié le dossier, j’ai bien-sûr des doutes,
des inquiétudes, des interrogations" 

 

Comme tous ceux qui ont étudié le dossier, j’ai, bien-sûr, des doutes, des inquiétudes, des interrogations : Le coût colossal bien-sûr… La capacité des acteurs publics à mobiliser des sommes aussi importantes en cette période difficile, les conséquences sur les zones agricoles, la capacité réelle de transferer de la route vers le rail….

A titre personnel, je continue toutefois de croire en ce projet parce qu'il est, me semble-t-il, une chance pour l’emploi et pour notre territoire, parce qu'il permettra de désengorger nos vallées et parce qu'il devrait contribuer à dynamiser la région Grenobloise et à faire le lien entre l’est et l’ouest d’un continent essentiellement axé aujourd’hui entre le Nord et le Sud.

Débat au conseil régional en 2014 avec le président de la commission intergouvernementale pour le Lyon Turin

 

" A titre personnel, je continue toutefois de croire en ce projet "

 

Mais au-delà de la bataille des chiffres et des conceptions de l’aménagement, dans laquelle on peut s'affronter parfois avec violence, je voudrais modestement mettre l’accent sur une dimension particulière du projet.

Enfant de l'Union ayant grandi avec l'idée Européenne, je suis, comme beaucoup, bousculé et parfois écœuré par la direction libérale que peut prendre la construction européenne. Un brin idéaliste, je ne peux pas me résoudre à ce que cette grande idée qui a apporté la paix sur notre continent ne se résume plus qu’à une zone de concurrence libre et non faussée où dumping social et libéralisme économique seraient les seules horizons. 

Le Lyon-Turin c’est aussi pour moi l’Europe de l’intervention économique. C’est l’Europe de la relance de l’emploi par les grands travaux, c’est l’Europe de l’économie réelle, des travailleurs et des entreprises. C’est l’Europe politique que j’ai envie de porter au-delà de l’intérêt  même des flux économiques. A l’occasion d’un débat organisé en 2014 au conseil régional, j’avais eu la chance, en tant que Vice-président de la commission transport, d’interroger Mario VIRANO, président de la commission intergouvernementale pour le Lyon Turin. J’avais été très sensible à sa réponse et au parallèle qu’il avait fait entre le Lyon-Turin et l’unification Italienne.

En 1846 CAVOUR, partisan de l’unification des Etats de la péninsule, avait vu dans le chemin de fer un outil de lien entre des peuples qui étaient jusque-là adversaires et il avait vu juste. Bien plus que  les débats politiques, le train a contribué à modeler une Italie rassemblée autour d’une colonne vertébrale.

" Sans avoir la prétention de détenir toutes les vérités, je crois en ce projet certes imparfait mais profondément structurant. C’est la contribution que j’apporterais dans le débat métropolitain qui s’annonce "

 

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